21 rue des Sources

Il faudrait hurler un quart d’heure par jour.
Philippe Minyana compose avec 21 rue des Sources la quintessence d’une œuvre qui réconcilie les morts et les vivants, les mères et les fils. Il recourt à la magie et convoque la musique pour mettre en scène deux revenants lors d’une occupation délicate des sols.

 


Fantômes sans nostalgie, Nadine et L’Ami marchent dans la maison construite au 21 rue des Sources par le père. Bonheur idéal de famille solide, refuge, et parfois punition. Les murs ont vécu, et ils en ont vu passer, des vies. Trois générations, depuis les Trente Glorieuses : les parents, les amis, les enfants, les voisins. Nadine et L’Ami visitent le cellier, la cave, la chambre du haut. Ils flottent dans la tendresse d’une féerie teintée de poésie burlesque. Ils rient, se souviennent, et l’Histoire se peuple d’histoires. Les âmes traversent les murs. Au fil sensible de la mémoire, les événements passés tissent des existences entières, grandioses, petites ou gâchées. Évocation d’un temps et des évolutions de la société. Auteur vivant étudié au bac, Prix 2010 de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, Philippe Minyana a signé entre autres Inventaires, Chambres, Une femme, Les Guerriers, Où vas-tu Jérémie ?, Habitations. Ses pièces Voilà, mise en scène par Florence Giorgetti, puis Cri et Ga cherchent la paix, par Frédéric Maragnani, ont été créées au Rond-Point. Il compose avec 21 rue des Sources la quintessence d’une œuvre qui réconcilie les morts et les vivants, les mères et les fils. Il recourt à la magie et convoque la musique pour mettre en scène deux revenants lors d’une occupation délicate des sols. État des lieux habités par des fantômes aimables et des spectres joyeux. Pierre Notte